samedi 26 janvier 2008

le problème de l’art contemporain et la fin de l’art selon arthur danto

Je pense qu’il est possible d’isoler ce qui fait, à mon sens, le problème de l’art contemporain de la manière suivante : il ne se regarde plus (à l’exception, peut-être de la photographie). Et, de plus, qu’il est possible de lier ce problème à la philosophie d’Arthur Danto (ceci ne signifie pas forcément qu’il en est responsable, mais que le problème de l’art contemporain et la philosophie de Danto sont au moins solidaires) qui repose sur un sophisme.

L’argument fondamental de la philosophie de Danto est le suivant :

(1) Il doit y avoir une différence entre les œuvres d’art et les simples objets
Or
(2) Cette différence n’est pas visible
Donc
(3) Cette différence est invisible

Or, ce raisonnement est un sophisme dans la mesure où :

(a) il y a généralisation à partir d’un cas particulier parce que ce cas particulier est supposé jouir de propriétés exceptionnelles : notamment, révéler la véritable nature de l’art
et
(b) la prémisse (1) est peut-être précisément ce que les artistes cherchent à mettre en question (c’était sans doute l’intention de Duchamp, par exemple).

De plus, il convient de lutter contre ce genre de tendance à l’invisible ou à l’ineffable pour permettre la production d’un art qui soit à la fois radicalement contemporain et sensationnel, c’est-à-dire dont l’essentiel ne réside pas dans le discours que l’on tient à son sujet ou dans l’idée qu’il incarne.

Ce discours, dans le cas des “arts plastiques” notamment, jette un voile sur les œuvres et ne les rend pas visibles du tout, elle ne les fait pas mieux voir — ce qui, en un sens, est consistant avec la théorie de l’art contemporain, puisqu’il n’y a rien à voir du tout, l’essentiel étant invisible, dans « l’idée » — et, ce voile finit par étouffer le spectateur qui est assailli de discours médiatisant l’œuvre. En outre, l’artiste lui-même, lorsqu’il veut montrer des œuvres pour qu’elles soient vues, est sommé de produire la justification philosophique de son travail. C’est là un des effets pervers de la philosophie de Danto pour lequel l’art, à la fin de son histoire, s’assujettit à l’art puisqu’il révèle sa vraie nature qui est philosophique.

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