samedi 26 janvier 2008

papiers pour une esthétique

Il y a peu de blogs consacrés à l'esthétique. En langue française, il n'y a semble-t-il rien de tel. Et, en langue anglaise, certains qui semblaient prometteurs n'ont qu'une activité plutôt irrégulière (philosophy of art).

S'agit-il donc ici de pallier un manque ?

Pas vraiment. Les remarques, notes, commentaires — des « papiers » — qu'on pourra lire ici sont personnels. Je ne prétends pas mener une démarche « objective » et encore moins scientifique. Cela ne m'intéresse pas et, je n'en ai sans doute pas les compétences.

Ce dont je parlerai, en revanche, c'est des arts comme expériences, pratiques, institutions, que ce ou bien en général : la musique, la photographie, la littérature, ou bien en particulier : telle image, tel paragraphe de tel livre, tel morceau de musique.

Si, comme je l'espère, on pourra lire que certaines thèses sont soutenues, on ne trouvera pas un ensemble présenté comme cohérent qui pourrait constituer une philosophie de l'art. Une entreprise de ce genre me semble vouée à l'échec dans la mesure même où son objet n'est pas stable.
D'une part, en effet, il n'y a rien de tel que l'art en général. Il y a des artistes qui écrivent, peignent, prennent des clichés, installent, etc. Et, il faudrait sans doute adopter une position encore plus déflationniste que celle-ci, en soutenant que, si l'art en général n'existe pas, pas même les artistes, mais seulement les œuvres d'art, c'est-à-dire des particuliers, des choses ou des événements qui ont lieu dans l'espace et dans le temps. Mais, c'est une autre histoire…
D'autre part, en tant que concept, “art” ne ressemble pas à “esprit” ou “langage” — en sorte qu'il ne saurait y avoir de “philosophie de l'art” comme il y a une “philosophie du langage” ou une “philosophie de l'esprit”. L'esthétique s'intéresse certes à des concepts, mais ces concepts n'ont pas de sens détachés des pratiques effectives des artistes. Or, ces pratiques évoluent — et elles évoluent d’une manière qu’on ne peut pas prédire — et l'on ne peut en donner une image exhaustive (à supposer qu'on y parvienne vraiment, dans une histoire de l'art, par exemple) qu'a posteriori.

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