dimanche 9 mars 2008

écrire — la musique : I. § 4. musique écrite

Certes, la musique souvent est écrite, mais celle-ci n’est qu’une cause si indirecte de la production des ondes sonores qu’il n’y a peut-être tout simplement pas lieu de parler de causalité.

Devant la partition, chacun (le soliste, les membres d’un quatuor, le chef d’orchestre, etc.) interprète les notes qui se suivent selon des grilles de lecture plus ou moins conventionnelles, plus ou moins traditionnelles, plus ou moins avant-gardistes. Cette interprétation, il ne s’y prête pas pour donner un sens à la musique, mais pour mettre en quelque sorte la partition en ondes. Le son, la sonorité, ne sont pas donnés dans la partition, ils y sont à l’état de prototype ; c’est leur résidu écrit qui est consigné dans la partition.

À la différence d’une langue écrite où le passage au son pour parvenir à la signification n’est qu’un cas limite (même si, en art, c’est un cas important puisque, bien souvent, c’est ce passage à la langue orale qui permet de parvenir à l’intelligence d’un poème), en musique, ce passage au son est central dans la mesure où il n’y a, à proprement parler, musique qu’une fois le passage au son accompli.

Plus justement sans doute encore, il faudrait concevoir le moment du passage, dans la mesure où ce moment est le moment critique de l’interprétation, le moment où se décide la justesse de l’interprétation, comme un seuil en dessous duquel il n’y a ni interprétation ni musique.

Interpréter une partition, c’est la mettre en ondes.

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