samedi 22 mars 2008

écrire — la musique : I. § 7. collage sonore

À la différence du collage plastique, le collage sonore permet la superposition : un son peut en recouvrir un autre et les deux rester cependant audibles, discernables. En revanche, si un élément plastique en recouvre un autre, le premier cesse d’être visible : la superposition rend au moins partiellement invisibles les éléments plastiques. Or, ce n’est pas le cas dans le collage sonore : la superposition fait entendre les différents éléments qui la composent comme autant de couches qui constituent un événement sonore complexe : la superposition.

Les pratiques métamusicales sont des pratiques qui portent sur une musique déjà jouée, produite, ou enregistrée que ce soit par son auteur ou par un autre. Il s’agit d’interventions, de décontextualisation, de mixage, d’échantillonnage, de sabotage, d’interruption.

Le plus important dans les pratiques métamusicales, c’est qu’il n’y pas de changement de registre : on produit de la musique à partir de musique. Ce qui a lieu est donc homogène.

Mais, il y a quelque chose dans ce genre de pratiques qui met la musique en rapport avec elle-même, qui la fait dialoguer ou, peut-être, à l’occasion, lutter avec elle-même.

Car, coller des musiques, les superposer, les saboter, ce n’est pas forcément une activité pacifique : il peut s’agir d’une lutte avec soi-même ou d’une lutte contre les musiques que l’on manipule.

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