lundi 1 décembre 2008

écrire — la musique : II. § 1 : encore un souvenir

Partir d’un souvenir — non pour en découvrir d’autres, mais parce que c’est ce qui vient en premier — est peut-être le meilleur moyen pour ne rien trouver, ne rien découvrir de soi, faut-il corriger. Un souvenir. Ce souvenir n’est qu’un point de départ, un prétexte, glisserais-je. Certes, ça importe ce dont il s’agit, ça importe des données extérieures à ce dont c’est supposé s’agir : la musique. Pour parler de la musique, Dieu seul sait combien de points de départ auraient été valides, Dieu sait que j’en aurais pu admettre d’autres, sans y croire. De point de départ, je n’en aurai admis qu’un seul, unique, je veux dire : aussi : sans qu’il soit plus crédible qu’un autre.

Le thème de la mère est le pathétique même, c’est-à-dire qu’au moment de l’introduction de ce thème, on saute à pieds joints dans le littéraire. Ce thème, ce pathétique littéraire par excellence, et tout ce qu’il charrie avec lui — la vie comme suite d’événements que l’on peut s’efforcer de relier entre eux —, le choisir pour commencer et, derechef, s’en servir pour reprendre son souffle, c’est comme si je le déclarais irréconciliable avec la musique. Comme si je déclarais que la littérature est inconciliable avec quelque chose dit à propos de la musique, ces blocs de théorie ou de critique, tous conçus dans un même dessein, selon une même méthode qui se cache : expliquer et perturber et comprendre et dévier des trajectoires linéaires au profit non de sinuosités, mais bien de blocs disparates d’inégales longueurs, d’inégales densités.

C’est irréconciliable, c’est ce que je déclare. C’est irréconciliable parce que parler de sa mère, cela ne sert ni ne saurait servir aucun dessein, en aucun cas.

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