samedi 11 avril 2009

images photographiques : § 13. lumière + écriture = ?

Miracle de l’étymologie ? C’est à craindre, qui justifierait toutes les interprétations rattachant la photographie à autre chose qu’elle-même, à un autre medium plus digne, peut-être, plus archaïque, sûrement, mais toujours donnant, produisant ou faisant (du) sens.

Au moment de baptiser l’invention, de lui donner un nom qui permettrait de l’identifier, peut-être a-t-il fallu la raccrocher à quelque chose qui pouvait faire sens, pour assimiler la nouveauté, peut-être a-t-il fallu la penser ou la donner à penser à partir de l’ancien. Au moment de baptiser, on ne pense que trop rarement aux conséquences de ce nom de baptême, on pense d’abord à soi, à se faire plaisir, on choisit un nom qui plaît, mais dont on n’imagine pas les suites.

Les suites, les voici, grossièrement dessinées : « La photographie, c’est l’écriture de la lumière ». Ou, encore, plus mathématique, ceci : « Photographie = lumière + écriture ». On imagine que, de la sorte, il est possible de s’en tirer à bon compte. Mais, « Photographie = lumière + écriture », ça ne veut rien dire. À moins que, se laissant aller, on imagine quelque chose qui pourrait bien finir par avoir l’air d’une fable. Photographier, ce serait écrire à la lumière de quelque chose (ce que l’on photographie ?) ou bien encore écrire à la lumière comme on écrit à l’ami ou à l’amant. C’est écrire à lumière, comme un prétexte qu’on lui destine ainsi.

Ça ne veut rien dire de plus, sans doute. À moins qu’on l’on ne parvienne ainsi à sortir de l’étymologie et, par là même, à ne plus chercher, comme en désespoir de cause à penser la photographie seulement pour elle-même, mais aussi dans ce qu’elle peut bien adresser, que ce soit la chose ou la lumière. Et à qui elle l’adresse.

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