dimanche 28 février 2010

inscriptions éphémères : § 16. lieu propre





Il y en avait quelques-unes de ce type : anarcho-révolutionnaires, à habiter ce boulevard du XIème arrondissement.

Celle-ci pouvait manquer d’attirer l’attention. Mais, une fois qu’elle s’en était emparée, il fallait se rendre à l’évidence : elle avait trouvé là son lieu propre. Quoi de plus inconfortable, en effet, que ce potelet pour s’afficher ?

Par là, on fait voir que : n’importe où sur le mobilier urbain et même en ces espaces les plus rebutants, on peut parler.

jeudi 18 février 2010

inscriptions éphémères : § 15. un poète sur un mur










Les Éditions Grasset & Fasquelle — sises au 61, rue des Saints-Pères 75006 Paris — n’ont jamais édité ce texte.

Il en orne cependant la façade.

Et, s’il n’est pas facile d’accès, ce poème n’en signale pourtant pas moins clairement que c’est par ici que l’on y accède.

La démocratisation de la culture, d’ailleurs, n’est-ce pas aussi cela ?

En 2008.

samedi 6 février 2010

écrire — la musique III. § 4. musique et langage

Et si dire que la musique n’est pas un langage, cela signifiait qu’il y a des choses qui ne sont pas du langage et qui pourtant n’échappent pas au langage ?

Et si cela signifiait que, si tout n’est pas langage, pour autant, il n’y a pas d’ineffable ?

Que le langage, bien qu’implacable, n’est pas infini.

Que le langage, bien qu’omnipotent, n’est pas omniprésent.

Que le langage n’est pas partout où tu peux le dire et dire quelque chose de quelque chose.

Et que, toutefois, partout où il y a du langage, ce n’est pas du langage, ce n’est pas à propos du langage, ou plus justement à propos d’un langage ou d’un autre, d’une forme ou d’une autre de langage, que quelque chose est dit de quelque chose.