mercredi 3 mars 2010

journal de mon acouphènoménologie (temporaire), 02.III.10

02.III.10 à 22h48 + enregistrement audio

C’est tout juste après. C’est furtif aussi. Le son d’un accordéon à la station Strasbourg - Saint-Denis dans la rame qui me reconduit chez moi. Une mélodie triste, un tango que je crois deviner avant que le signal de la fermeture des portes ne le fasse disparaître — pas tout à fait. C’est la mélodie déjà nostalgique de l’arrêt de l’écoute au moment du départ. C’est aussi la mélodie mélancolique d’une musique dont je ne veux pas. J’aurais voulu rester dans mon quasi-silence, n’entendre que le bruit des voix qui disent des choses humaines. Un murmure lointain, un bruit de fond. Non. La musique a des droits. Elle les fait entendre malgré nous.

Je mens. Je le sais. Je l’attendais aussi. Je ne m’attendais cependant pas à ce que cela soit si soudain. C’est si soudain que ça ne me fait rien. Je ne suis pas surpris. L’accordéon, la manche appartiennent à la définition du métropolitain. Un métropolitain qui en serait dépourvu souffrirait d’un manque. C’est l’usage qu’on en fait. Se déplacer. Pas seulement. L’habiter d’une ceraine façon. L’accordéon attire l’attention sur la vie en sous-sol. Ailleurs, ce sont les clochards qui boivent et dorment. L’accordéon, c’est le côté heureux du métropolitain. Quand même la mélodie serait triste.

Aucun commentaire: