lundi 8 mars 2010

journal de mon acouphènoménologie (temporaire), 06.III.10 et 07.III.10

06.III.10 et 07.III.10 + enregistrement audio

Ça commence au Jardin du Luxembourg, ça continue dans la ligne six du métro parisien et ça se termine en taxi à trois heures du matin. Ce sont trois ambiances, trois atmosphères nettement différentes, impossibles à confondre. Et pourtant, c’est toujours la même chose. Il y a toujours de la musique, il n’y a jamais que de la musique. Un orgue de barbarie. Un duo de musiciens tziganes. Du funk à la radio. À pied. En métro. En taxi. Cette continuité est fascinante. Elle fait une grande partie de nos vies urbaines : se déplacer et entendre de la musique. Nous sommes des manières d’auditeurs nomades. Nous sommes contraints de nous déplacer. Nous sommes contraints d’entendre de la musique. Je ne suis pas certain que ces deux contraintes soient liées. Elles participent peut-être d’une même manière de voir la ville. Disons que pour compenser la nécessité à laquelle les individus doivent faire face de toujours se déplacer, leur a été accordée cette possibilité de toujours le faire en musique. Comme pour apaiser leurs souffrances. Rendre le trajet moins pénible. J’imagine que c’est ça. Sinon pourquoi tapisser sans cesse nos trajets de musique ? Sinon pourquoi ajouter au mouvement la musique ? Pourquoi enduire tout ce que nous faisons d’un vernis musical ?

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