mardi 9 mars 2010

journal de mon acouphènoménologie (temporaire), 09.III.10


Il y a cet événement quotidien dont je ne m’aperçois jamais ou presque, mais quand je n’entends plus que ça, il y a un moment quand ça devient criant : c’est absurde et pourtant c’est ainsi, tous les matins, c’est le même son qui me réveille, une mélodie qui est la moins désagréable de toutes mais une mélodie qui me tire tout de même hors du sommeil. C’est ignoble comme on s’enchaîne soi-même à des sons dont on ne veut pas mais dont on supporte l’audition parce qu'autrement, on dormirait encore longtemps. Or, il ne faut plus dormir. Je voudrais encore dormir, mais je ne le dois pas. C’est l'anti-Proust, c’est l’anti-scène inaugurale d’À la Recherche du temps perdu, par excellence, c’est un pastiche vulgaire de la vie de Marcel Proust. Ma vie, d'ailleurs, n’est qu'un vulgaire pastiche de Marcel Proust. Mais, c’est une autre histoire. C’est la négation même de la noblesse de la vie et du sommeil. C’est mon iPhone, le coupable. Un jour, il finira écrasé sur un mur mort victime d’un lancer pour venger la mémoire de Marcel. J’aurais alors au moins fait ce geste pour l’humanité.

1 commentaire:

an a dit…

je n'entends plus grand chose au télé(i)phone. Je ne lui parle plus d'ailleurs. Voilà le surcodage.

http://www.dailymotion.com/video/xcfdhs_le-son-silencieux_tech