mercredi 3 mars 2010

journal de mon acouphènoménologie (temporaire), 03.III.10

03.III.10 à 14h26 + enregistrement audio

Dans le magasin des Éditions ********* : la musique dans la radio, il écoute FIP. Parfois, cette musique dans la radio, je l’imagine, je le sais, c’est salvateur. C’est une ouverture vers un monde extérieur au travail, une diversion dans le temps perdu à travailer pour rien sinon gagner sa vie. Mais aussi : c’est une torture, le signe qu’il y a un autre monde juste à côté — extérieur au travail — qui se déroule en parallèle au travail mais qui demeure inaccessible pendant le temps de travail. Cette musique-là — la musique qui passe à la radio pendant le temps qu’on travaille — c’est la bande-son des esclaves. On n’allume pas la radio pour écouter de la musique — parfois, tout le monde le sait, dans le flux incessant des chansons qui s’enchaînent, l’une peut retenir l'attention —, mais pour espérer. Or on se désespère aussi. La possibilité d’allumer la radio comme diversion sur son lieu de travail est la condition d’impossibilité de la révolte.

1 commentaire:

Cécile a dit…

J'aime l'idée de ce journal. Pour ce mercredi 3 mars, je retiens la dernière phrase qui va atterrir sur mon moleskine rouge.