dimanche 18 juillet 2010

muzakalité : notes sur muzak, 1

Comme s’il fallait encore le dire : la musique n’aura jamais été aussi présente dans nos vies et la musique n’aura jamais été aussi absente de nos vies.

Muzak, inc. affirme que ce qu’elle propose est plus que de la musique.

En fait, il faudrait soutenir que la muzak est plus que de la musique et moins que de la musique.

Plus que de la musique, c’est-à-dire : de la musique, mais faite pour accomplir certaines tâches définies et quantifiables.

Moins que de la musique, c’est-à-dire : en étant d’emblée utilitaire, la muzak s’interdit d’être l’art musical qu’elle pourrait être. Ce n’est pas en ce qu’elle est « intrinsèquement » médiocre que la muzak est moins que de la musique, c’est en ce qu’elle sert certaines fins utilitaires. Au sens platonicien, elle cesse d’être un art pour n’être qu’un technique.

Parce qu’elle sert certaines fins utilitaires, la muzak est plus que de la musique et moins que de la musique.

En étant plus que de la musique, la muzak est moins que de la musique.

La muzak est son propre destin = dimension fonctionnelle de la musique qui s’autoréalise : la muzak est l’instrumentalisation de la musique. La musique muzakale n’est pas une musique qui serait augmentée de quelque chose ou à laquelle on retrancherait quelque chose. C’est de la musique désignée, à laquelle on impose un design, un dessein.

La muzak est + / - que de la musique parce qu’elle est de la musique instrumentalisée.

Gouffre entre la musique intrumentale et la musique instrumentalisée.

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