vendredi 13 août 2010

derrider dérida, 2

« Con », le mot serait ainsi lâché, dans la procédure de traduction, non pas tant rendu à lui-même que libéré de l’événement, de la translation, de l’événement de la traduction dans laquelle on l’enferme.
« Con », comme une suite de lettres qui ne peuvent rien dire par elles-mêmes si on les maintient dans un mot que l’on considère plus grand ou plus digne puisqu’il assure, assume une noble fonction, rassure par suite aussi puisqu’il nous donne une manière de dire plus douce ce qui se dit d’abord dans toute sa violence et que l’on perd de vue par conséquent.
« Con », puisque c’est ce dont il s’agit, et plus exactement encore : con, puisqu’il s’agit de l’isoler de la sorte : « De[con]struktion » et de l’écrire ainsi pour lui-même : con et de répéter : « ça s’écrit comme ça se prononce ». Con, dès qu’on ne le comprend pas que comme un mot, dès qu’on ne le masque pas non plus dans un autre mot, con, dis-je, s’ouvre. Con s’ouvre, ce serait ainsi railler, médire et ce serait aussi plus que cela. Dans le moment où le con s’ouvre, le con s’ouvrirait-il à moi ?
Con — le mot dit et fait la chose et dit plus que la chose même — je ne parlerai pas de son usage / je l’ai sur le bout de la langue.
Con — qui pour pallier la destruktion, pour dire la destruktion dans une langue qui ne la supporterait pas en tant qu’elle est plus qu’une langue, s’inscrit, s’écrit au beau milieu de la de(…)struktion — c’est ainsi que j’en parle.
Ce n’est pas sa chair qu’on veut ainsi protéger, con veut dire que ça parle lorsque ça s’écrit comme ça se prononce. Ce n’est pas sa chair con veut ainsi protéger ce que la de(…)struktion menace, et si ce n’est l’histoire de l’ontologie, au moins, est-ce, du moins je veux le dire, une partie de l’existant.

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