dimanche 15 août 2010

derrider dérida, 4

Derrider dérida, n’aurai-je fait que ça ? Avaler ses textes quasi-auto-bio-graphiques, ceux dans lesquels il s’inscrit au plus intime s’accompagnant de textes, figures et autres langues.
Derrider dérida, mais serait-ce pour rien ?
Ce texte, dont il reste quelque trace, mnésique au moins, en ce qui me concerne, ce texte laissant le souvenir d’un échec, quelque chose de l’avortement.
J’aurai pu me contenter de dire :
« Nous ne cessons de vivre (de) la perte d’un rêve. Dans cet échec, nous avons notre être. Ce qui décrépit, rampe et se trame sous nos pieds, nous anime, nous visons des séquelles de la chute—de l’homme,ƒ de l’ange, de l’empire. »
J’aurai pu me contenter d’un lieu de silence, comme d’une page blanche, passer les mots au profit de la perte, garder un bilan négatif en somme. Socrate, dit-il, devait un coq à Asclepios, sans doute me dois-je un texte à derrider dérida, non pour le lui dédier, ni même pour s’en moquer ; seulement, ce qui derride ne se tait pas, mais relance sans cesse.
Celui qui écrit ne peut assumer le silence : il écrit contre le délire auquel le confinerait le silence, il écrit contre lui-même, tout contre, c’est ainsi qu’il se fait.

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