mercredi 27 avril 2011

je suis là assis par terre dans le salon je pourrais dire je médite sur le néant de l'existence mais en fait non peut-être que je pense au temps qui passe à la peinture craquelée un peu oui sans doute et sans doute à la vanité des choses qui m'obsède mais c'est moins une histoire d'obsession qu'une histoire de la manière dont les choses apparaissent lorsqu'on les regarde d'un point de vue différent depuis lequel on ne les avait jamais vues alors là assis sur le parquet la tête appuyée contre le mur le haut du dos aussi alors là ce que je vois ça intéresserait qui ? je pourrais passer des heures ici à savoir le temps passer les bruits des voitures au loin mais pas trop moi là qui ne sais pas trop si c'est le temps qui passe ou bien la vie qui s'échappe les autres font tant de choses et moi presque rien je suis malgré moi dans le flux des choses qu'ils font et auxquelles si je ne suis pas tout à fait étranger j'ai tant de mal à être intéressé j'omets le monde je me compte moi ça fait un c'est déjà ça j'attends encore un peu combien une heure ? je ne suis pas là ou alors je fais si bien semblant je regarde encore un peu le plafond depuis quand une heure ? le chien aboie la voisine pourrait jouir mais non quand mon dos me fait mal je bouge un peu je suis là il faut que je m'en souvienne le sol ne s'en souvient pas qui n'épouse pas plus ma forme que le mur j'attends mais rien j'attends pour savoir si ça continue comme ça oui ça continue alors j'attends encore je sais que je pose parce qu'on n'attend jamais comme ça même pas vraiment dans les livres ou alors les mauvais livres j'aimerais au moins écrire des mauvais livres alors mais c'est au-dessus juste un peu au-dessus de mes forces comme ponctuer maintenant je laisse le temps couler sur mes lèvres simplement comme ça je vérifie avec ma langue que je passe sur mes lèvres le chien n'aboie plus et la voisine ne jouit toujours pas c'est à croire que je n'ai pas de voisine le parquet craque c'est ce qu'on attend de lui souvent je pense qu'il faudrait me dire ce qu'on attend de moi et ce serait simple et je le ferai comme craquer pour le parquet mais moi je ne craque pas et je ne sais pas pourquoi ce serait sans doute mieux ainsi ou alors c'est mieux ainsi avec le parquet qui craque et pas moi quoi qu'un duo pour chien qui aboie et voisine qui jouit serait quelque divertissement je ne suis pas certain de le vouloir entendre alors je me résigne je ne suis pas vraiment là de même que je ne suis pas vraiment triste je suis la présence aux choses telles qu'elles sont pas telles qu'elles pourraient être et surtout je ne fais rien pour les déranger je reste assis sur mon parquet à attendre de ne plus avoir envie d'attendre

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